L’art botanique et la parfumerie partagent une capacité unique à susciter l’émotion, la mémoire et un lien profond avec le monde naturel. Dans cette interview exclusive, nous nous entretenons avec le Dr Christian Thompson AO, artiste contemporain renommé pour son exploration de l’identité, du paysage et de l’importance culturelle de la flore indigène australienne. Reconnu par Vogue Living comme l’un des principaux artistes des Premières Nations à utiliser son œuvre pour faire émerger la vérité, la vision artistique de Thompson est profondément liée à la nature, au récit et à l’héritage.
Goldfield & Banks, réputée pour ses parfums de luxe inspirés par la riche diversité botanique de l’Australie, donne vie à ce lien par le biais du parfum. Ici, Christian révèle comment les plantes indigènes australiennes façonnent à la fois son expérience visuelle et la nôtre, olfactive.
Les plantes australiennes sont au cœur des parfums de Goldfield & Banks. Comment les plantes indigènes, les paysages ou leur symbolique inspirent-ils votre processus artistique ?
Je suis profondément attiré par la nature ésotérique du monde naturel — par l’idée que les plantes recèlent une signification spirituelle et une sagesse ancestrale. Pour moi, la flore indigène australienne est bien plus qu’une source d’inspiration visuelle ou olfactive : elle représente un lien profond avec mon identité de personne bidjara.

Ces plantes, que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde, sont les symboles vivants de cette terre et portent des récits qui résonnent profondément en moi. Leur présence dans mon œuvre rend hommage à l’essence unique de l’Australie et au lien profond qui m’unit à elle.
Votre œuvre associe souvent héritage personnel et environnement australien. Pouvez-vous nous parler d’un souvenir ou d’une expérience dans la nature qui a façonné votre vision créative ?
Quand j’étais enfant, ma famille a déménagé dans toute l’Australie, au gré de la carrière de mon père dans la Royal Australian Air Force. Mais où que nous vivions, nous passions toujours Noël et Pâques chez nous, à Barcaldine, au cœur du centre-ouest du Queensland. C’est une région semi-aride de l’arrière-pays, mais en hiver, le paysage se transforme de façon extraordinaire : les fleurs du désert s’épanouissent et transforment le terrain accidenté en un monde floral aux couleurs éclatantes.
Ce spectacle annuel reste l’un de mes souvenirs d’enfance les plus marquants. Les fleurs indigènes me fascinent depuis, et sont devenues un thème récurrent de mon travail depuis plus de 25 ans.
Les plantes portent des récits et des émotions, dans l’art comme dans la parfumerie. Y a-t-il une plante ou une fleur particulière qui résonne profondément dans votre œuvre, et pourquoi ?
Chaque fois que nous rentrions chez nous, le parfum du désert du Queensland était le premier accueil que je recevais — l’écorce de gidgee, l’eucalyptus et la terre sèche chauffée par le soleil. Ce parfum me signalait que j’étais chez moi, de retour sur ma propre terre.

Encore aujourd’hui, rien qu’en le décrivant, je peux presque le sentir à nouveau. Le parfum a cette incroyable capacité à nous transporter et, pour moi, ces arômes indigènes resteront toujours liés à mon sentiment d’appartenance.
Nombre de vos œuvres semblent profondément ancrées dans l’expérience sensorielle d’un lieu. Si l’une de vos œuvres était transposée en parfum, quelles notes ou senteurs en ferait-elle ressortir ?
Sans aucun doute, il restituerait l’âme du paysage australien — la profondeur riche et fumée de l’Acacia Cambagei (écorce de gidgee), la chaleur dorée de l’acacia, l’éclat vert et vif du myrte et la clarté incomparable de l’eucalyptus. C’est pourquoi je pense que les parfums Goldfield & Banks racontent la flore australienne d’une manière si singulière.

Chaque parfum capture l’essence de la terre avec une authenticité remarquable — comme l’acacia doré de Velvet Splendour, qui rayonne de chaleur, ou la fraîcheur boisée et vive de l’eucalyptus dans Blue Cypress, qui évoque le cœur du paysage australien.
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